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crédit photo nicolas guilbert et personnes diverses

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François

Fernandez

 

SCULPTEUR

Visite à François Fernandez, sculpteur, dans son atelier entièrement réhabilité par la Semaest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Quel plaisir d'être reçu dans le tout nouvel atelier de François Fernandez ! Plaisir visiblement partagé par l'artiste dès qu'il nous fait découvrir son espace tout frais, tout beau, éclairé par la lumière du jour (et du soleil à son zénith) venant de la grande verrière…Après les premiers échanges de politesse, François se met un peu en retrait pour nous laisser voir - et toucher - ses  oeuvres: "faites comme chez vous, posez-moi toutes les questions que vous voulez !"

Commençons par les travaux préparatoires montés sur sellettes ou socles. Surprise, ces ébauches - esquisses en volume - sont en polystyrène expansé. "Le marbre de qualité est de plus en plus rare et cher, il ne faut pas le gâcher, mes premières recherches en volume, je les taille dans ce matériau bon marché et facile à travailler."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais à regarder de plus près les murs de l'atelier recouverts de dessins - souvent soigneusement encadrés - on comprend vite que ces états d'ébauches en 3D ont été précédés par moult croquis, surfaces planes, schémas cosmiques tracés à la règle avec des craies de couleurs primaires, des axes géométriques. Le sculpteur serait-il aussi un peu architecte ? Là où on croit reconnaître un exercice constructiviste ou des maquettes d'improbables immeubles, François, toujours pudique, nous apprend que le point de départ est … une figure humaine, un nu, le portrait d’une amie, un oiseau.

"Difficile d'expliquer l'idée de création; pourquoi faudrait-il absolument titrer une œuvre ? En expliquer la genèse ? Depuis toujours mon travail s'adresse à des collectionneurs. Avant tout, ce qu'ils recherchent ce sont des oeuvres qui leur parlent, une dimension inventive qui les touche au plus profond d'eux-mêmes. Pas des actions cotées en Bourse."
D'accord François, on a compris, vous voulez rester libre de créer en dehors des modes et des tendances du moment. Laisser votre imaginaire se développer. Sans contrainte matérialiste.
En revanche vous êtes intarissable sur le processus de stylisation, de simplicité structurelle, de l’équilibre des forces, du dépouillement progressif des détails qui donne son intensité au geste final.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Sur la mezzanine, une collection de plâtres antiques, références aux années 1970-1975 où François suivait aux Beaux-Arts de Paris les cours du sculpteur Colamarigny. A côté, un panneau de photos le montre sur différents chantiers de restauration de façades de monuments historiques des plus réputés.
Une main dans le Grand Siècle, l’autre dans le Vingt-et-unième. La restauration du patrimoine, ce fut pendant une trentaine d'années son exercice de grammaire en haut d'échafaudages dressés sur les façades de monuments de Paris.


Redescendu sur terre, dans l’atelier de la rue de Montreuil, c'est son renouvellement personnel, une totale liberté, l’abstraction géométrique, un travail incessant sur la ligne brisée. Un sacré bosseur : des dizaines d’études préparatoires. Pourtant... trois-quarts finissent dans la poubelle ! Tout ou rien, les expériences que François juge dignes de transformer du polystyrène en marbre, le résultat définitif, il va minutieusement les reproduire telles quelles ou à une autre échelle, taillées direct dans le marbre veiné de Carrare. Là ou d’aucuns reprendraient les arêtes et les angles au cordeau, François, lui, joue avec les accidents de la matière brute, les irrégularités du trait de scie, les griffures de la râpe. De loin, une droite tendue, de près, la ligne vibre encore du coup de ciseau. L’outil c’est la main, l’humain.

En quittant l'atelier on aperçoit un petit carton punaisé derrière la porte sur lequel on peut lire: 

"La sculpture n'est pas seulement une profession mais une confession - Emile Gilioli 1911-1977"

 

Alors merci François de nous avoir mis dans la confidence.